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> Finalement, la «fée franco-suisse» serait-elle une thérapeutique ?
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post Feb 12 2015, 03:58 PM
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Antipathist of Light
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From: Revue Médicale Suisse

Le mea culpa est toujours un phénomène intéressant. Tout particulièrement quand il est question d’alcool. Une nouvelle preuve vient d’en être donnée avec la communication-confession que vient de faire, publiquement, le Pr Yves Chapuis, membre de l’Académie (française) de médecine et président honoraire de l’Académie (française) de chirurgie. Et ce mea culpa (collectif et français) concerne l’absinthe.

L’absinthe. Combien sont-elles, les boissons alcooliques, à avoir traversé les siècles humains avant d’être condamnées puis réhabilitées ? C’est l’histoire franco-suisse de la «fée verte», une saga qui ne cesse de faire couler l’encre. On peut, à l’écoute du Pr Chapuis, la résumer assez simplement. Artemisia absinthium est connue depuis la plus haute antiquité pour ses vertus médicinales. Les Egyptiens en 1600 avant Jésus Christ, Hippocrate, Galien, l’Ecole de Salerne en 1649, les médecins du XVIIIe siècle la recommandaient dans diverses indications. «Mais voici qu’en Suisse, dans le Val-de-Travers, une guérisseuse (et sans doute au même moment un médecin itinérant, le Dr Ordinaire) transforment dans les années 1780 à 1790 l’élixir dépuratif en une liqueur apéritive qui va durant deux siècles connaître un succès surprenant, rapporte le Pr Chapuis. Sa fabrication trouve en France, à Pontarlier, pour des raisons douanières, un site pionnier puisque la ville compte en 1900 vingt-cinq distilleries. La fabrication s’en étend à d’autres provinces. La fée verte, appelée encore fée franco-suisse, sévit dans les cercles militaires, les milieux littéraires et artistiques et finalement dans le peuple.»

Sévir ? Le président honoraire de l’Académie de chirurgie n’a sans doute pas choisi au hasard un tel verbe. Peut-être aurait-on pu utiliser celui d’enchanter. Puis la France hygiéniste se rebelle. Et les politiques s’en mêlent. En 1902, après un vote du Parlement français, le ministre de l’Intérieur demande à l’Académie de médecine de donner son avis sur «l’indication des liqueurs apéritives et parmi elles l’absinthe». Le rapport de la «Commission de l’alcoolisme» – sous la présidence de Jean-Baptiste Laborde (1830-1903) – analyse la composition des liqueurs d’absinthe. Il évalue l’action physiologique et toxique des essences qui les composent. Il aborde les risques des apéritifs dits «amers» et la composition de «liqueurs à essence» qui ne sont pas des apéritifs. Il dresse la liste des apéritifs et liqueurs les plus dangereux, au premier chef l’absinthe.
Au final, cette commission forme le vœu auprès des pouvoirs publics français «de procéder à l’interdiction de la fabrication, de la circulation, de la publication et de la vente des dites boissons, dont l’absinthe». Cet avis attendra treize ans son application. Ce sera fait par le biais d’un texte de loi promulgué en mars 1915. On peut penser que la fiscalisation de ces boissons, l’absinthe tout particulièrement, fut de nature à retarder la décision. «Malgré l’interdiction de la fabrication de la liqueur d’absinthe, le Val-de-Travers et une distillerie à Pontarlier la poursuivirent de façon secrète jusqu’à la levée de l’interdiction en 2000» souligne le Pr Chapuis.
IPB Image
Car l’interdiction fut finalement levée. Et ce, sur la base de nouvelles analyses, scientifiques, montrant que la toxicité de la thuyone1 pour être réelle nécessitait des doses considérables et incompatibles avec les consommations habituelles. De surcroît, il apparaissait que le titrage élevé en alcool (et souvent en alcool frelaté) était redoutable. En limitant le degré alcoolique, en contrôlant le taux de thuyone, quelques fabricants sont désormais autorisés. Le Dr Ordinaire avait-il finalement raison ? L’Académie française de médecine s’était-elle trompée il y a 110 ans ? Il semble difficile de répondre simplement. Dans les comptes rendus des archives de cette Académie, la liste des méfaits est regroupée sous le terme d’absinthisme. Et cette liste est bien longue : tuberculose, aliénation mentale, épilepsie, convulsions, paralysies périphériques. L’absinthe est ainsi classée au premier rang du degré d’agressivité, parmi les vingt-deux essences retenues. L’alcoolisme menaçait comme il menace aujourd’hui, sous d’autres formes.

On ne saurait pour autant faire une croix sur la symbolique et l’histoire de son usage en thérapeutique. Mieux, on se doit sans doute de connaître cette symbolique et cet historique si l’on entend lutter contre l’alcoolisme. La plante est consacrée à Artémis dont on connaît les liens avec la chasse. Elle pousse facilement à une altitude de 600 à 1000 mètres sur des terrains propres, aérés, rocailleux. Un papyrus égyptien témoigne de la connaissance que l’on avait, au bord du Nil, de ses vertus tonique, stimulante, fébrifuge, vermifuge et emménagogue. Hippocrate l’a dit utile contre l’ictère. L’Ecole de Salerne en 1649 confirme ses vertus. Galien la recommande contre la malaria. Les armées napoléoniennes en useront à ce titre dans leurs déplacements vers l’est du Vieux Continent. Un peu plus en amont, ses vertus antiseptiques et cicatrisantes conduiront un des médecins de Louis XIV à panser les ulcérations ano-périnéales du Roi Soleil à l’aide d’une solution d’absinthe, de feuilles de roses et de vin de Bourgogne. Madame de Coulanges (1641-1723), dans une lettre à Madame de Sévigné (1626-1696), vante ses effets digestifs mais déplore son amertume.

Car c’est un fait. Tous ceux qui en ont tâté vous le diront : l’absinthe est amère, qui tire son nom du grec apsinthion. «Elle est fâcheuse à boire» nous prévient François Rabelais qui sut ce que boire pouvait signifier. Et c’est précisément cette amertume liquide qui nourrit sa légende. Dans le Livre des Rois, Salomon invite à se méfier des lèvres de miel des belles étrangères qui peuvent laisser au palais comme un goût d’absinthe. On retrouve des traces d’absinthe mêlée à la ciguë qui tua Socrate puis le Prince de Jutland (Hamlet). On prétend aussi que l’éponge tendue au Christ par ses bourreaux était imbibée non de vinaigre mais d’absinthe. Mathieu n’y voyait qu’amertume et Jean un geste de réconfort. Rien n’a changé. L’alcool, décidément, n’est qu’ambivalence.

Il ne nous reste plus qu’à comprendre pourquoi tout s’est passé en Suisse, dans le Val-de-Travers. Et plus précisément à Couvet, près de Neuchâtel, où l’absinthe pousse, dit-on, volontiers. Etait-elle alchimiste ou sorcière, cette mère Henriod qui, vers 1780, en tirait un élixir apprécié ? A-t-elle vendu ou offert sa formule à cet exilé politique, le Dr Pierre Ordinaire, natif de Quingey dans le Doubs, herboriste et pharmacien à ses heures ? Peu après, la coupable distillation industrielle commença. On connaît la suite. On ne connaît pas la fin.

La thuyone (C10H16O) est une cétone monoterpénique qui provoque des sensations de désinhibition et, à fortes doses, des hallucinations. On distingue l’α et la β thuyone, la première étant la plus toxique. Toutes deux sont présentes dans l’armoise et l’absinthe. Leur concentration dans cette dernière – du moins telle qu’elle est commercialisée – est limitée à 35 mg/litre, ce qui semble nettement inférieur au seuil au-delà duquel les effets désinhibiteurs et hallucinogènes (parfois recherchés) commencent à apparaître.


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Jaded Prole
post Feb 12 2015, 08:55 PM
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Artemis
post Feb 12 2015, 11:54 PM
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I don't see anything worthy of a medical journal.
More like the standard Swiss newspaper article about how proud they are of absinthe, even though they criminalized it for a century, with the required reference to Dr. Ordinaire and a factoid about chop.gif .
The only thing that's missing is the usual pitch for some particular Swiss commercial distiller.
The question in the headline isn't answered, so I'll answer it.
Do you WANT it to be therapeutic? Then yes, most certainly. It is. If it is. Otherwise, maybe not.


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Hillbilly
post Feb 13 2015, 01:55 AM
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Nothing has changed. The rest is history. We do not know the end.


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Artemis
post Feb 13 2015, 02:30 AM
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There's nothing that hasn't changed.
If there was, the end would be no different than the now.
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Jaded Prole
post Feb 13 2015, 12:58 PM
Post #6


Absinthe Mafia
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QUOTE(Artemis @ Feb 12 2015, 09:30 PM) *

There's nothing that hasn't changed.


Mostly for the worse. Absinthe is a prime example of the damage moralists can do, especially in cahoots with predatory business and corporate influence on politics. A highly developed industry creating something of beauty and supporting many in the process was lost. After drinking 1910 Pernod, I recall weeping for its loss. Great Absinthe can still be made artistically but the agricultural base for large scale production and the idiotic laws that remain undermine the ability to do to it's full potential it on a large commercial level. Maybe that will change. I never thought we'd see even mediocre Absinthe legalized.


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Artemis
post Feb 13 2015, 07:40 PM
Post #7


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Artemis
post Feb 14 2015, 08:03 PM
Post #8


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Bootlegger to judge: "Shall I pay (the fine) now, or when you come to pick up your absinthe?"

http://absinthemuseum.auvers.over-blog.com...r-sans-igp.html


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L'Assommoir
post Feb 15 2015, 12:51 AM
Post #9


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I picture the judge looking like Claude Rains.
https://www.youtube.com/watch?v=SjbPi00k_ME
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Hillbilly
post Feb 15 2015, 05:48 AM
Post #10


Can't get right
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QUOTE(Hillbilly @ Feb 12 2015, 07:55 PM) *
]Nothing has changed. The rest is history. We do not know the end.

QUOTE(Artemis @ Feb 12 2015, 08:30 PM) *

There's nothing that hasn't changed.
If there was, the end would be no different than the now.
Fortune tellers out of business, toot de sweet.

I think I was just referring to the body of the article itself. It didn't appear to say anything that I hadn't read somewhere before, from what i could decipher from the Google translation. That, and the quotes seemed to fit together to say as much. And I surely don't assume to know anything about anything about the subject, other than what I have read (and can remember). I'm merely a humble spectator, and an interested consumer.


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Artemis
post Feb 15 2015, 10:29 PM
Post #11


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I was addressing the writer about the choice of a killer hook closing phrase. It's hackneyed and not even necessarily true.
It wasn't a critique of you in any way - when you put it up alone in a box, it just caused me to think about it a little harder than I had at first reading.


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